7/04/2011

La marmotte 2011 (02/07/2011)

Comme tous les ans, c'est lors de la 1ere journee du tour de France que des milliers de cyclistes (7000 exactement!) se lancent a l'assaut des cols de la Marmotte, cette cyclosportive mythique de 175km et 5000m de D+.

Et comme tous les ans, c'est avec impatience et excitation que nous prenons le depart vendredi matin pour L'Alpe d'Huez avec Just et Hidare du Csm13.
Quelle sera notre forme ? Quel temps realiserons nous ? La Marmotte, quel que soit notre niveau, nous fait toujours peur...C'est surement ce qui nous attire, car le 1er objectif de ce defi est de franchir la ligne d'arrivee (il y a entre 1500 et 2000 abandons chaque annee), la probabilite de renoncer en bas de l'Alpe par exemple etant importante...






Cette edition 2011 a un gout particulier pour ma part puisqu'il s'agit de ma 5eme participation consecutive et j'ai decide que ca serait la derniere : il faut savoir changer d'objectifs. Cote performance, je ne pense pas, avant le depart, etre capable d'ameliorer mon temps de l'edition precedente (7h45) du fait de mon entrainement depuis 3 semaines qui n'a pas ete tres optimal. Surtout que cette annee est dediee a la preparation du Paris Brest Paris, et que j'ai donc developpe des qualites de rouleur plutot que de grimpeur, et que je n'ai pas trop de reference en montagne. Mais j'espere tout de meme realiser un temps correct.

Samedi matin, 7h.
Conditions ideales pour cette edition 2011, soleil et temperature raisonnables pour grimper le Glandon, le Telegraphe, Le Galibier et enfin L'Alpe d'Huez.




Je rejoins mon sas de depart vers 6h45 et les milliers de concurrents venus de toute l'Europe (80% d'etrangers environ) sont deja la, il faut d'ailleurs parfois les ecarter pour se faire une place:









Le depart est donne...Certains gardent de l'energie sous la pedale, je prends l'option de ne pas perdre de temps sur cette portion de plat puis enfin la montee du Glandon ou les paysages magnifiquent se devoilent apres la montee dans la foret. J'arrive au sommet en 1H40, soit 5 minutes de moins que l'annee derniere, il faut dire que je me sens bien et j'ai mis la barre bien haut. La descente du Glandon est neutralisee et les nombreux benevoles sont la pour rappeller que celle-ci est vraiment dangeureuse. Les ambulances sont d'ailleurs la pour intervenir rapidement si chute il y a. Et 400 metres apres le franchissement du col, c'est un 1er cycliste qui tombe : lui n'a heureusement rien mais il ne repartira pas car son velo est hors d'usage...

Je suis donc attentionne dans cette descente et je me retrouve avec un gros rouleur dans la vallee, ou nous alternons les relais. Nous reprenons un groupe qui a decide de profiter de notre entente pour se faire tirer. Etant confiant dans notre capacite a leur fausser compagnie, nous passons a l'acte a un endroit strategique et bye-bye... Nous sommes a plus de 40km/h ! L'excitation me gagne au fur et a mesure que je pedale car je me sens de mieux en mieux !

Enfin, le Telegraphe et ses 12 km d'ascension : je les avale a un bon rythme et je mets 49 minutes pour monter le col. On me donne meme mon retard (30 minutes) par rapport aux 1ers !!! C'est bien la 1ere fois que cela m'arrive a la marmotte... pas si mal quand meme sachant que nous sommes a plus de la moitie du parcours! J'arrive a Valloire en 3H43 et je commence l'ascension du Galibier jusqu'au ravitaillement ou je m'arrete. J'ai 20 minutes d'avance par rapport a l'annee derniere sachant que j'avais perdu du temps dans le Galibier du fait d'un genou devenu douloureux a la suite de Bordeaux - Paris ! De ce fait, je me dis que je risque d'ameliorer et de vraiment faire un bon temps ! A ce moment la, je suis 238eme au scratch sur des bases de 7H15/20...impensable.

Je remplis les bidons, me rafraichit et je repars pour les 15km d'ascension restants... Au bout du 1er km, je dechante completement : meme si j'ai l'impression que mes jambes sont toujours la, c'est le corps qui ne suis plus : je transpire tellement que je deviens trempe en quelques secondes et du coup je suis gele...une vraie crise d'hypoglycemie...ou une vraie eponge. L'envie de m'arreter est forte car je dors presque sur le velo. Mon corps ne supporte plus l'effort apres les 4H passees a haute intensite...

L'avantage de la preparation au PBP 2011, c'est que j'ai appris a gerer les moments de "moins bien". Je decide de rester sur le velo meme si je roule a 5 km/h. Tot ou tard, je sais que le jus va revenir...Mais en attendant, je suis dans cette phase que l'on connait tous un jour, lorsque l'on se dit que l'on va raccrocher le velo, lorsque l'on se demande si tous ces efforts valent vraiment le coup et ce que l'on fait la..."Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir..." : je suis presque au sommet du Galibier, 1H30 plus tard, lorsque j'arrive au niveau d'un groupe de Francais qui a mis la sono a fond pour motiver les coureurs...ils auraient quand meme pu choisir un autre morceau...Effectivement, me concernant,  il n'y a plus d'espoir d'ameliorer mon temps...Je ne sais d'ailleurs pas comment je suis arrive au sommet 1H40 plus tard...Je leve la tete pour la 1ere fois de l'ascension : les paysages sont magnifiques et j'arrive au ravitaillement ou je remplis les 2 bidons que j'ai vide...Je repars avec 15/20 minutes de retard par rapport a l'annee precedente !

Deja, a la fin du Galibier, je sentais que l'energie revenait. Mais apres un rapide calcul, je me rends compte que j'ai une chance minime d'egaler le temps de l'annee derniere : j'ai 20 minutes de retard mais j'avais perdu du temps du fait de mon genou. Du coup, je commence a me dechainer...pour la 1ere fois en 5 participations, j'essaie de faire la descente a fond et je n'ai pas peur dans les tunnels. Je cherche a gagner du temps...je rattrape un groupe que je lache malgre un vent contraire...j'en apercois un 2nd! Je trouve la Marmotte incroyable : me battre dans la descente seul pour essayer de grapiller quelques secondes par ci ou par la alors que j'etais au plus mal dans le Galibier apres un debut extraordinaire...et je ne doute pas de ma capacite a monter l'Alpe d'Huez, car l'envie de tout donner pour accrocher le meme temps est la ! Je n'ai pas finis cette edition que j'ai deja envie de revenir ! Voila finalement pourquoi j'en suis a ma 5eme participation consecutive...

Enfin j'arrive au pied de l'Alpe : si je monte l'Alpe d'Huez en 1h02, je ferais le meme temps. Est ce possible ? Alors je monte a une bonne allure sans me mettre de nouveau dans le rouge...je ne perds pas espoir...et je ne fais pas de calculs pour ne pas me deconcentrer...Mais lorsque je vois le panneau "arrivee 5 km", j'ai compris mais je continue...jusqu'au moment ou je vois le chrono depasser 7H45...a 2km de l'arrivee, sachant que le dernier est pratiquement plat...Je ne suis pas decu, tellement cette edition m'aura procure des sentiments opposes. Je finis tranquillement en 7H55 avec 10 minutes de plus que l'annee derniere mais surtout une course completement differente. Il m'aura fallu 1H12 pour cette derniere ascension et je termine 736eme au scratch et 287eme par categorie sur 1747 classes. C'est la 1ere annee ou je n'ameliore pas mon temps.

Just et Hidare finissent egalement avec l'argent et l'or. Nous partons le soir-meme et nous croisons encore des coureurs dans la montee de l'Alpe d'Huez apres plus de 13h d'efforts : bravo pour leur courage et felicitations aussi aux 1ers pour leur performance.

On a chacun une histoire a raconter lorsque l'on fait la Marmotte...elle a en tout cas le don de me faire changer d'avis, car j'espere vraiment revenir l'annee prochaine.

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